Novembre 2006,j’ avais profité de quelques jours de vacances pour descendre voir mon petit fils ,Louis, à Valence.Son arrivée le 26 Octobre, avait été pour moi un grand moment d’émotion.Dans le TGV qui me ramenait chez moi,je m’étais assis côté fenêtre ,un peu comme un enfant je regardais défiler le paysage merveilleux de nos régions,et ce train qui filait à grande vitesse me faisais penser à une fermeture éclair qui se fermait au fur et à mesure que nous avancions, histoire de mieux me protéger du froid qui m’attendait sur la Côte D’opale.A ma droite se trouvait une petite fille qui pour passer le temps dessinait studieusement ,parfois je jetais un oeil sur son oeuvre toute empreinte de la naiveté de son âge. Elle échangeait des sourires et parfois quelques mots avec ce que je supposais être sa soeur ainée. Cette dernière du haut de son adolescence semblait veiller sur elle et sur la benjamine avec un peu d’autorité, ce qui ma foi pour le père et le grand père que j’étais me laissais pantois quand aux effets obtenus!Tout semblait se dérouler d’une façon on ne peut plus normale.Entre mes rêves ,mes souvenirs et la vie du compartiment que j’observais de temps en temps ,le voyage me parut infiniment court. Et lorsque nous arrivâmes en gare , cette petite fille avec qui je n’avais échangé aucune parôle me tendit son dessin sur lequel elle avait apposé cette dédicace” pour vous le gentil monsieur”, ce fut un bref instant de bonheur. Interloqué , je ne lui ai même pas demandé son prénom ,il me reste juste en souvenir un visage d’ange entouré de cheveux bouclés…….A peine remis de ce merveilleux moment , je me dirigeais vers la sortie de la gare, afin de me restaurer un peu, au hasard j’entrais dans une brasserie qui jouxte ces endroits théatraux ou sont mêlés larmes de joies et de peines, ou des amours se font et se défont parfois.A l’interieur entre brouhahas et senteurs de cuisine ,je ressentis un énorme élan de chaleur propre aux gens du Nord.De mon observatoire , j’eus le regard attiré par un groupe de personnes qui devisaient et riaient alègrement , quatre messieurs et une dame, à les entendre je devinais une grande complicité entre eux et puis quelques chants me laissèrent percevoir qu’un anniversaire se fêtait, en prêtant un peu plus l’oreille ,pas de doute , cet anniversaire était celui de la dame. les verres se succédaient à allure régulière ce qui ne faisait qu’accentuer leur bonne humeur,bonne humeur de plus en plus communicative si l’on en croit les regards qui se tournaient vers cette tablée.Au bout d’un moment l’un des messieurs se leva ,disparut une dizaine de minutes , et revint avec un bouquet de fleurs qu’il offrit à l’élue du jour , celle -ci laissa partir quelque larmes et dit en substance “il y a tellement longtemps …………..J’appelais le barman ,réglais l’addition , et je partis à la rencontre de la rue où m’attendaient de gigantesques éléphants . Bombay s’était invité à Lille…Un jour Pierre Delanoë n’ a t’il pas écrit pour Bécaud ,”la solitude çà n’existe pas….la solitude
Savoir communiquer sans parler … tout un art que les enfants maîtrisent à loisir … et après, ils grandissent !
Magnifique texte qui glisse quand on le lit.
La solitude … pas si sûr…
Amicalement,
Pomme